Nuancier. Tentative de capture de la symbiose
Teintures aux lichens sur laine de mérinos, tissage / 2020- en cours
Avec le soutien de La Générale et de la Galerie Octave Cowbell

“On ne le mange pas, on ne l’utilise pas, on ne le vend pas: donc on ne le voit pas.”
Vincent Zonca, Lichens. Pour une résistance minimale, Le Pommier, 2021

Je récolte, «cuisine» et mets au point des teintures sur écheveaux de laine à partir de différentes espèces de lichens, prélevés de façon raisonnée au Bois de Vincennes, et partout où je me déplace.

Le lichen est l’association d’au moins trois espèces: un champignon, une algue et une bactérie, qui se fournissent des services mutuels. C’est face à l’énigme que constitue cet organisme que les scientifiques développent le concept de symbiose à la fin du XIXème siècle. Dans la symbiose du lichen, chacun est indispensable à la survie de l’autre. Le lichen est un organisme poreux aux autres êtres, il permet de repenser le vivant par le prisme de la coopération, plutôt que de la compétition.

Ce nuancier prend la forme d’une collection d’échantillons carrés, tissés sur un métier fabriqué pour le projet. Cette recherche entend mettre en lumière d’autres façons de (co)habiter, de vivre, et de rayonner en ces temps où il faut désormais habiter le trouble (Donna Haraway, 2016).