Nuancier. Tentative de capture de la symbiose
Mise au point et expérimentations de teintures avec différentes espèces de lichens / Écheveaux de laine de mÉrinos teints en vue de réaliser un nuancier tissé / 2020-en cours
Avec le soutien de La Générale, résidence de recherche février-avril 2021

“On ne le mange pas, on ne l’utilise pas, on ne le vend pas: donc on ne le voit pas.”
Vincent Zonca, Lichens. Pour une résistance minimale, Le Pommier, 2021

Je récolte, «cuisine» et mets au point des teintures sur écheveaux de laine à partir de différentes espèces de lichens, prélevés de façon raisonnée au Bois de Vincennes, et partout où je me déplace.

Le lichen est l’association d’au moins trois espèces: un champignon, une algue et une bacteérie, qui se fournissent des services mutuels. C’est face à l’énigme que constitue cet organisme que les scientifiques développent le concept de symbiose à la fin du XIXème siècle. Dans la symbiose du lichen, chacun est indispensable à la survie de l’autre. Le lichen est un organisme poreux aux autres êtres, il permet de repenser le vivant par le prisme de la coopération, plutôt que de la compétition.

Ce projet de nuancier de la symbiose propose de porter un autre regard sur le lichen, et entend mettre en lumière d’autres façons d’habiter, de vivre, de rayonner en ces temps où il faut habiter le trouble (Donna Haraway, 2016).